Assemblée Nationale : L’opposition boycotte sa propre session extraordinaire

Publié le par L'informateur

La 6éme session extraordinaire de l’année 2010  n’a pu s’ouvrir hier  faute de quorum. Aux environs de 14 heures où le Président de l’Assemblée Nationale, le Professeur Mathurin Coffi Nago entrait dans l’hémicycle, seulement 6 députés dont 2  de l’opposition et 4 de la mouvance y étaient.  C’est une situation qui ne s’explique pas,  car il suffisait que    les 44  signataires de la demande de cette session soient présents  pour que la session s’ouvre. Mais ils ont curieusement  brillé par leur absence et c’est là tout le paradoxe. Comment peut-on boycotter une session dont on est signataire de la demande. Deux points étaient inscrits à l’ordre du jour. Il s’agit de l’ouverture de la session extraordinaire et l’examen du rapport relatif à la seconde délibération de la loi modifiant et complétant la loi 2009- 10 du 13 mai 2009 portant organisation du recensement électoral national approfondi (Rena) et de l’établissement de la liste électorale permanente informatisée (Lépi). Il faut signaler que l’ouverture de la session était prévue pour démarrer à 10 heures mais le président de l’Assemblée a attendu ses collègues jusqu’à 14 heures avant de constater le défaut du Corum. L’ouverture est reportée à vendredi conformément aux dispositions de l’article  85  de la constitution qui stipule «  -Si à l'ouverture d'une session, le quorum de la moitié plus un des membres composant l'Assemblée Nationale n'est pas atteint, la séance est renvoyée au troisième jour qui suit. Les délibérations sont alors valables, quel que soit le quorum ». Mais cette session ne s’ouvrira que le lundi à cause de la fête du ramadan. Mais qu’est qui peut justifier cette attitude des députés de l’opposition ? A en croire une source proche de ce camp politique, ce report est stratégique en ce sens que cela leur permettrait de disposer d’assez de temps pour travailler et réfléchir sur les décisions de la cours constitutionnelle au sujet des recours contre les lois portant règles générales pour l’élection des élections en république du Bénin et règles particulières pour l’élection des députés et du président de la république. Les demandeurs de la session ont d’ailleurs inséré la mise en conformité des lois électorales au cas où la cours l’aurait demandé dans son recours. En effet, la session était ouverte hier, les députés n’auront pas disposé des 15 jours réglementaires que requièrent une session extraordinaire du point de vue constitutionnel. Or l’enjeu est de taille et il faut compter avec les ruses politiques de l’adversaire pour poser tout acte. Cela veut dire que les gens se surveillent et ne veulent pas du tout se faire de cadeau.  

Géoffroy Wusa

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