Apropos de la décision du 25 juillet du Conseil des ministres : La Fifa apprécie les actes de Boni Yayi

Publié le par L'informateur

« Il y avait interférence dans les affaires de la Fbf » soutient Primo Corvaro

Dans cette interview qu’il nous a accordée, le Suisse Primo Corvaro, directeur des associations membres de la Fifa, parle des derniers rebondissements dans la crise à la Fédération béninoise de football (Fbf). Lisez plutôt.

M. Corvaro, selon certaines rumeurs, les lettres envoyées par la Fifa seraient rédigées au Bénin. Qu’en dites-vous ?

Oui effectivement, j’ai entendu parler de ces rumeurs surtout concernant la dernière lettre qui a été envoyée et qui demandait que la décision de la Cour d’appel soit retirée dans 72 heures. Mais je peux vous confirmer que la Fifa a bien envoyé un courrier à ce sujet. Cela faisait suite à une décision du Comité d’urgence de la Fifa composé des présidents de Confédérations.

 Qu’est-ce qui a amené la Fifa à envoyer une telle lettre ?

En fait, la décision de la Cour d’appel de Cotonou constituait une interférence dans les affaires de la Fédération béninoise de football et les statuts de la Fifa sont assez clairs à ce sujet. Les associations nationales doivent gérer leurs affaires en toute indépendance et sans interférence d’un tiers. Dans ce cas précis, il y a interférence puisque c’est le monde externe au football qui est intervenu. La suspension annoncée signifie que tout officiel, joueur, club et membre de la Fédération auraient été suspendus de tout contact sportif au niveau continental et international. En plus, la Fédération n’aurait pas bénéficié des programmes menés par la Fifa et la Caf.

Et la décision du gouvernement d’annuler la passation de service n’est-elle pas une immixtion dans les affaires du football ?

Non. Le gouvernement est plutôt intervenu dans les affaires au Bénin puisque la décision prise va à l’en contre d’un organe béninois. Nous ne considérons pas ça comme une interférence. Pour la Fifa, il était essentiel que M. Anjorin reprenne ses fonctions. La Fifa et la Caf ont donc été satisfaites. C’est pourquoi nous avons tout de suite informé le Comité d’urgence. Il faut savoir que le recours à la justice ordinaire est interdit dans les statuts de la Fifa.

 Et si la Cour suprême confirme la décision de la Cour d’appel, que va-t-il se passer ?

Ce sera la même décision. Il y aura un nouveau courrier avec plus ou moins le même contenu puisque le Comité d’urgence qui sera saisi dira que c’est une ingérence dans les affaires de la Fédération. Donc, il y aura une suspension automatique si rien n’est fait.

Dites-nous, la légitimité d’un Comité exécutif dépend de qui ?

La légitimité dépend toujours des membres d’une Fédération de football. Les gens sont élus à l’issue d’un processus démocratique. Dans le cas du Bénin, il y a eu des revendications. J’étais présent sur place avec un représentant de la Caf. Et nous avons constaté qu’il y a une opposition radicale avec une certaine rigidité et une interprétation unilatérale des statuts, étant sûrs de leur fait. Or, nous étions venus dans un esprit de compréhension pour faire en sorte que la famille du football béninois se penche sur ce différend. Malheureusement, les opposants ont toujours choisi la force et je constate que ça continue alors qu’il serait souhaitable de se concentrer sur le développement du football. Je tiens aussi à dire que les statuts de la Fbf sont de bonnes qualités, mais pourraient être améliorés avec la balance entre le football professionnel et le football amateur qui est sous représenté. Nous serons prochainement au Bénin pour faire une analyse et remodeler la composition de l’Assemblée générale en vue des élections d’août 2013. Il faut se concentrer sur l’avenir. Il faut cesser cette épreuve de force parce qu’elle n’est pas bénéfique. Ça fait deux ans que le football béninois est en train de souffrir. Il faut penser au développement du football béninois.

Selon la Fifa, quel est le bureau légitime en ce moment ?

Actuellement, c’est M. Anjorin qui est le président reconnu par la Fifa et la Caf. Donc, les opposants devraient plutôt chercher à développer un programme qui puisse séduire les différents acteurs pour espérer être élu à la tête de la Fédération. Ce n’est pas à travers cette épreuve de force qu’ils vont y arriver. De plus, il y a des mécanismes qui prévoient qu’avec les 2/3, on peut faire un vote de défiance en Assemblée générale pour faire démissionner le bureau. Mais il faut que ça soit des membres de la famille du football qui agissent. Sauf cette circonstance, M. Anjorin ira au bout de son mandat en 2013 et on verra s’il se représentera. En ce moment, le meilleur gagnera.

Publié dans Actualité

Commenter cet article