Après la transition continue à la Ccib : Fin de mandat pour l’équipe de d’Alcantara Zocli

Publié le par L'informateur

Demain vendredi 15 juin 2012, le Comité transitoire de 16 membres mis en place par l’exécutif béninois fera à nouveau trois mois à la tête de la Chambre de commercer et d’industrie du Bénin. Soit donc au total 6 mois. Terminus, tout le monde descend. Et il ne serait pas superfétatoire de s’essayer à un bilan…

Le mandat du Comité transitoire de la CCib qui a été prorogé de trois mois est aussi venu à terme. Ainsi donc, pour rester en conformité avec la décision portant prorogation de leur mandat, au niveau du Ct/Ccib, tout le monde doit pouvoir descendre. Un peu comme l’avait si bien fait l’équipe du président Ataou Soufiano pour permettre au comité transitoire de s’installer pour les grandes réformes. Justement, parlant des réformes, c’est le moment plus que jamais de faire le bilan. Et en attendant que les voix autorisées ne s’adressent aux acteurs de la plate forme consulaire, on peut s’y essayer. Ceci en se basant sur les informations glanées ici et là, et surtout des quelques rares sorties du président du comité transitoire. Notamment la cérémonie de présentation de vœux à la mi janvier et aussi sa sortie télévisée un soir du 1er avril.

Ainsi, on peut dire qu’avec l’équipe de la transition, des réformes ont été conduites tant bien que mal. La principale reste le toilettage des textes. La Ccib a été dotée de nouveaux textes qui doivent régir désormais sa vie. Seulement que les fruits n’ont pas tenu la promesse des fleurs à ce niveau là. Alors que les élus consulaires attendaient des textes qui doivent leur permettre d’avancer au regard de la crise ayant conduit à l’installation du Ct/Ccib, les nouveaux laissent place à de nouvelles polémiques. On retient pour l’essentiel que pour  se faire une place dans l’organe dirigeant, il faut être un fortuné. Ce sera désormais la Ccib des riches. Cette situation en avait rajouté à la polémique suscitée par la prorogation du mandat du comité transitoire. En ce sens que celle-ci est intervenue à un moment très critique. Puisque tout donnait l’impression que le 1er mandat a été celui des nominations. Doit-on le rappeler, le comité avait pour principales tâches de gérer les affaires courantes et surtout de mettre en place un nouvel arsenal juridique qui devrait régir désormais la vie de l’institution consulaire.  Pour le commun des Béninois, soit à la fin du 1er mandat, il était alors difficile de comprendre que les trois mois n’ont servi que pour l’accessoire. On sait que gérer les hommes, ce n’est pas facile. Mais le président intérimaire a donné l’impression de n’être préoccupé que par la mise en place de son équipe, oubliant qu’il n’avait que trois à faire pour liquider les affaires courantes et refaire les textes.  Il aura été surpris par le temps du mandat très court. C’est donc dans ces conditions que les uns et les autres ont crié à l’aune du nouvel an à la chasse aux sorcières.  

Le redéploiement, la mission ?

Une semaine après l’installation de l’équipe transitoire, le redéploiement du personnel a suivi. Ça a commencé quatre jours seulement après l’installation de la nouvelle administration. Certains avaient pensé qu’il voulait juste mettre en place son cabinet. Pierre d’Alcantara Zocli a redéployé dans tous le sens, comme si tout le personnel avec lequel a fonctionné Ataou Soufiano pendant deux mandats était pourri. Un agent est déplacé de la caisse pour la documentation. Les affaires économiques, le guichet du port, le secrétariat particulier, le service du tourisme… presque tous les services de la Ccib, même ceux à l’intérieur du pays sont concernés par des mutations déclenchées par un comité qui n’a que trois mois à faire pour partir. De sorte que les pourfendeurs de l’équipe sortante sont devenus subitement maîtres de la situation.

A la cérémonie de présentation de vœux, le résident Zocli a laissé entendre que les cadres en fonctions à la Ccib ne sont pas formés pour accompagner les opérateurs économiques. Ils ne sont donc pas compétents. Des hommes d’affaires « banabana » encadrés et assistés par des cadres techniques très peu dévoués à la cause. C’est peut-être pour y remédier qu’il a été managé un atelier de formation initié par la Ccib à l’intention de ses secrétaires comptables du 16 au 18 avril 2012 à Cotonou. Seulement, une erreur monumentale a été commise quant au choix du cabinet de formation. La Ccib n’a trouvé que l’institut privé (Esperanza) ayant comme responsable le président du Cst/ Ccib. A ce niveau, il faut aussi saluer la clairvoyance de ce dernier, qui a reporté la formation pour éviter que les uns et les autres continuent par crier au délit d’initié.

Des surfacturations ?

Si finalement, le délit d’initié n’a plus été commis, il n’en a pas été de même pour ce qui est des cas de surfacturation. C’est possible que ce soit des cadres qui ont pris le risque de faire des bébés dans le dos du président. En effet, selon des sources généralement bien informées, les services financiers de la Ccib ont acheté des climatiseurs de marque Unionnaires au profit de GUFE, SDTIC, Bureau des VP et Caisse de la Ccib. Les climatiseurs Hw24 3CH (Split) ont été achetés au prix unitaire de  582 839F. Quant aux climatiseurs 2CH, ils ont été achetés à 423 729F. C’est le lieu de préciser qu’il s’agit de prix hors taxe. Allusion faite à la facture n° 005 Olaye/ 2012 de l’Ets Ogbon Laye et frères en date du 1er mars 2012. Ce qui signifie que pour le paiement, c’est le montant le plus élevé incluant la Tva qui sera pris en compte. Pendant que la Cst/ Ccib achète des climatiseurs 3CH à 582 839F, d’autres sociétés de la place ont proposé de les livrer à moindre coût. Comme par exemple Jabermondial Sarl qui dans sa facture proforma a proposé le prix de 460 000F. Pour ce qui est des 2CH, cette société a proposé de les livrer à 350 000F. Et pourtant, on a préféré aller acheter  à plus de 400 000 chez Ogbon Layé. Pourquoi ? Difficile de répondre à cette question.

Quand bénévolat rime avec de grosse prime

C’est aussi utile de préciser que les membres du comité transitoire ont travaillé de manière « bénévole » pendant 6 mois. Mais n’empêche, ils ont eu droit à quelques primes qui ne sont pas rien. A titre d’exemple, le président, pour les frais de représentation, perçoit 50 000 F par jour ; les frais de participation qui s’élèvent aussi à 50 000 par jour ; 200 000 de frais de transport par mois qui n’ont rien à voir avec les frais d’usure de véhicule ;  les « frais exposés » qui s’élèvent à 350 000 par mois. Quand le président voyage en direction de l’Europe par exemple, sa provision de voyage peut atteindre des fois 5 millions, sans compter les frais d’achat de billet d’avion et les frais de mission.

Il convient de préciser les conditions dans lesquelles il y a eu changement à la tête de l’institution consulaire. L’équipe transitoire a été installée pour procéder à un toilettage des textes et faire avancer le processus électoral qui était en panne.

Alors question, à quand les élections consulaires ?

F. Kpochémè

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