Après la réaction des dignitaires d’Abomey au sujet de la jarre trouée : A quand les excuses de Yayi à la mémoire du roi Ghézo ?

Publié le par L'informateur

Suite à l’attaque du chef de l’Etat contre la jarre trouée du roi Ghézo, les dignitaires d’Abomey sont montés au créneau pour condamner l’acte en exigeant de l’auteur des excuses publiques à la mémoire du roi offensé. Mais depuis, rien n’y fit. A quand alors les excuses de Boni Yayi au 9è souverain royal de Dahomey ? Bien malin qui pourra le dire. Sauf que le temps passe.

Si on s’amuse avec les objets sacrés, on attire la colère des dieux sur soi-même. Semble-t-il que le successeur du général Mathieu Kérékou ne comprenne pas encore le sens de cette hérésie royale.  Sinon, comment comprendre qu’il tarde à présenter des excuses pour son blasphème sans pareil. Ou bien, le docteur Boni Yayi ne mesure pas la gravité de l’acte qu’il a commis sans commune mesure.

Signalons que lors de la rencontre avec le président rwandais Paul Kagamé, le n°1 béninois a tenu un discours qui fâche les filles et les fils de Houégbadja. «La jarre trouée. Mais qui a trouée la jarre ?... Est-ce même si tout le monde bouchait les trous avec la main, l’eau ne va pas couler ?…. d’une jarre trouée, on n’en a pas besoin…», ironise, vendredi 19 novembre, le président de la République au palais des congrès à Cotonou croyant dénigrer le logo de l’Union fait la nation (Un) de Bruno Amoussou. Mais une telle attaque contre le symbole du roi Ghézo est considéré comme un sacrilège dans le département du Zou. Ça a suscité même un tôlé général à la capitale historique du Bénin. La réaction des hauts dignitaires de la ville n’a pas tardé à venir.

Sans beaucoup réfléchir et comme une armée, les dignitaires d’Abomey sont allés à la défense de leur patrimoine cultuel et culturel. Ils ont exigé, vendredi 26 novembre, de Boni Yayi des excuses publiques sur la tombe du roi dont l’emblème a été blasphémé sans retenue. « Nous sommes réunis au palais privé de Ghézo pour protester vivement et énergiquement contre les propos du chef de l’Etat sur les chaînes de télévisions. Nous exigeons que le chef de l’Etat, en tant que digne fils du Bénin, retire ses propos et s’excuse devant la mémoire de notre ancêtre. Il doit venir le faire sur la tombe du roi Ghézo…», s’obstine à marteler le porte-parole Dah Adjolohoun.

Seulement, plusieurs jours après cette réaction des dignitaires d’Abomey, on entend rien de l’autre côté du palais de la République. Le chef de l’Etat n’a pas pipé mot. Un tel silence intrigant de Boni Yayi risque de compromettre ses chances dans le plateau d’Abomey lors de la présidentielle prochaine. Si le président de la République ne présentait pas les excuses à la mémoire du souverain royal offensé, les filles et les fils de Houégbadja très jaloux de leur patrimoine cultuel prendraient autrement cette offense «inoubliable» qui fait date. Comme quoi, Boni Yayi a encore le temps matériel pour se faire racheter. Cependant, passé ce délai, ses excuses ne vont plus avoir les effets escomptés…

Aziz IMOROU

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