Après la médiation du FOGECA : Boni Yayi reçoit Sébastien Ajavon

Publié le par L'informateur

Le président de la République a reçu, hier, en audience  Sébastien Ajavon. Le « grand » a fini par courber l’échine devant un des « petits » qui  a pris le dessus.

« Le chef de l’Etat nous a rencontrés pendant  3 heures d’horloge. Nous avons échangé sur le problème fiscal. Les choses vont  dans le bon sens. Nous allons trouver d’ici quelques jours une solution à la crise », déclare le Pdg de Cajaf/Comon.

Le  bras de fer entre le gouvernement et Sébastien Ajavon est en voie de dénouement. Bien que le chef de l’Etat soit le détenteur du pouvoir politique, il a fumé le calumet de la paix avec cet opérateur économique puissant dans les produits congelés.

Le « grand » a décidé de négocier avec les « petits » pour la décrispation de la tension sociopolitique nationale. Il a commencé par le Pdg de Cajaf/Comon. Un tête-à-tête entre Boni Yayi et Sébastien Ajavon. Cela sort de l’ordinaire. Mais il ne peut en être autrement.

Sébastien Ajavon apporte  des contributions non négligeables au trésor public. Il participe, grâce aux produits congelés, à hauteur de 20%  à l’économie nationale. Le président du Conseil national du patronat (Cnp) fait imports et exports de grandes factures.  Le trésor public tire beaucoup de lui.

En dehors de cela, Le Pdg de Cajaf/Comon   emploie des centaines de Béninois dans chacune de ses multiples entreprises. Si cet employeur privé met les clés sous la porte, des centaines d’employés seront au chômage. L’homme des produits congelés  devait être alors  le « chouchous » du chef de l’Etat.

Mais Boni Yayi a fait une mauvaise suicidaire. Le gouvernement ne cesse de s’acharner contre le président du Cnp depuis peu. L’acharnement politique et fiscal contre les investisseurs nationaux en général et contre Ajavon en particulier n’est plus à démontrer.

Le Cajaf/Comon de Ajavon a connu un redressement fiscal de 35 milliards de francs Cfa. Un redressement qui a conduit à la paralysie des activités de la société depuis des mois. Compte tenu de cette situation, l’opérateur économique a  intensifié ses activités au Ghana.

Nonobstant tout cela, le chef de l’Etat a envenimé la tension lors d’une interview télévisée du 1er août. Il a traité politiciens, opérateurs économiques, syndicalistes, magistrats et journalistes de « petits » sans détours. Yayi n’a pas mâché ses mots pour dénoncer une supposée complicité entre des hommes d’affaire et les autres corporations qui secouent son pouvoir.

« Ils manipulent les gens. Ils veulent amener Madagascar ici. Ils veulent faire l’insurrection. Ce front uni ; je vais leur démontrer que j’ai du monde dans le Bénin profond ; et ils vont s’affronter. Ils trop petits. Je les attends tous », s’enflamme le locataire de la Maria en citant des noms dont Ajavon.

Une telle déclaration a suscité, en tout cas, une avalanche de contestations au sein de l’opinion publique. La tension a monté d’un cran. Comme des politiciens, Sébastien Ajavon a condamné ces propos venant du n° 1 des Béninois.

Aziz IMOROU

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