Animation de la vie politique nationale : Duel à distance entre deux ex-fanatiques de Kérékou

Publié le par L'informateur

La politique a ses raisons que la raison ignore. Alors très attachés à un même idéal, celui de soutenir l’ancien chef d’Etat, le Général Mathieu Kérékou, l’ex ministre Amos Elègbè et Me Jacques Migan, Conseiller juridique du vieux caméléon es-qualité, se livrent ces derniers jours une guerre à distance. A qui mieux mieux, chacune de ces deux personnalités vend et pourfend au gré de sa position actuelle sur l’échiquier politique national,  l’actuel locataire du palais de la Marina. C’est Me Migan qui a donné le ton de  ce duel à distance.  Reçu jeudi dernier  sur Golfe Tv dans un débat contradictoire contre Olga da-Silva (représentant la majorité présidentielle) pour faire le bilan des 100 jours du gouvernement, Me Migan  a insinué que le président Boni Yayi veut réviser la Constitution alors que les dysfonctionnements que comporte la Lépi n’ont pas encore été corrigés. Il a lancé un appel général pour barrer la voie à la révision par voie référendaire de la Constitution sur la base de la Lépi version Bako. Il a aussi peint en noir les 100 jours du gouvernement Boni Yayi 2. Pour lui, « C’est l’échec total sur tous les plans, économique, social, politique… ».  Il n’en fallait pas plus pour sortir le Conseiller spécial aux affaires politiques du chef de l’Etat de ses gongs. Comme à son habitude, Amos Elègbè n’a pas fait dans la dentelle pour répliquer vertement, et du tac au tac, à son ex compère derrière le Général Mathieu Kérékou. Le jeu valant la chandelle, la bonne camaraderie d’entre temps s’est rapidement éclipsée pour laisser place à des flèches acides. Le Conseiller spécial aux affaires politiques du chef de l’Etat replonge l’opinion dans le passé politique lointain et présent de l’homme de Porto-Novo. A ses dires, Me Migan en veut par aigreur au chef de l’Etat: «… Que Me Migan, hier thuriféraire de Boni Yayi et aujourd’hui dans l’opposition, se transforme en pourfendeur du régime en place après avoir été chassé de la majorité présidentielle par les militants de son rassemblement au lendemain du remaniement de juin 2010, c’est son affaire. Même si on est habité par la haine, je pense qu’en tant que juriste, il doit avoir un minimum d’honnêteté intellectuelle. Faire le bilan après 100 jours n’est pas une obligation constitutionnelle pour un régime et sa lecture ne peut qu’être une vue de l’esprit. Quant à l’amalgame qu’il fait sur le concept de la refondation,  je le renvoie au projet de société du président Boni Yayi intitulé ‘’En route pour un Bénin émergent’’ approuvé au 1er tour de l’élection présidentielle du 13 mars 2011 par notre peuple. Là, il comprendra le bien-fondé des réformes en cours », rappelle M. Elègbè.

Répondant à ce qu’il a appelé « procès d’intention au chef de l’Etat par rapport à la révision constitutionnelle », le Conseiller spécial aux affaires politiques du chef de l’Etat estime que Me Jacques Migan est mal placé pour parler de ce sujet car, selon les dires de M. Elègbè, Me  Jacques Migan, alors un des conseillers juridiques du Général Mathieu Kérékou, se serait battu bec et ongle en 2006 pour que soient sautés les verrous des articles 42 et 44 de la Constitution en vue d’assurer un troisième mandat au président Kérékou.  Sur ce point précis, il rappelle à Me Migan qu’à plusieurs occasions solennelles déjà, le président Boni Yayi a affirmé, de bonne foi, de quitter le pouvoir en 2016. A la gouverne de l’homme de droit, il rappelle le discours d’investiture du chef de l’Etat et la rencontre qu’il a eue dernièrement avec  le président Barack Obama à la Maison blanche. A chacune de ces occasions en effet, Boni Yayi a martelé que dans les réformes constitutionnelles qu’il entend faire sous son second quinquennat, les articles 42 et 44  de la loi fondamentale relatifs au nombre de mandat et à la limite d’âge seront préservés.

Comme on peut le constater, la guerre de déclaration entre ces deux ex-fanatiques du Général Mathieu Kérékou n’a fait que commencer. Et pour couper court à la série de réponses de berger à la bergère, il urge d’un débat contradictoire entre Me Migan et le Professeur Amos Elègbè. Vivement ce combat d’idées.

 

Ignace SOGLO

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