Affaire vol de moustiquaires à Natitingou : L’ex Dds et ses collaborateurs poursuivis

Publié le par L'informateur

Le dossier vol de moustiquaires imprégnées à la direction départementale de la santé (Dds)  de Natitingou continue d’être une nébuleuse. Les premières arrestations faites par le tribunal n’ont pas permis d’en savoir plus sur les vrais auteurs de ce vol perpétré pour maintenir les pauvres populations des départements de l’Atacora et de la Donga dans l’indigence. Il est difficile de dire qui a fait disparaître plus de mille moustiquaires dans le magasin de la Dds Natitingou. Aussi, plusieurs cadres et pas des moindres de la direction ont-ils été entendus par le juge. Il s’agit notamment du directeur départemental de la santé au moment des faits. Faut-il le rappeler, c’est ce dernier qui a pris sur lui la responsabilité de la saisine du procureur de la République près le tribunal de Natitingou. En dehors de ce dernier, ces adjoints alors qu’ils étaient au poste ont aussi intéressé le juge dans le cadre de la manifestation de la vérité. C’est ainsi que le directeur des ressources financières et du matériel a été entendu pour dire sa part de vérité dans le dossier. Il en est de même du chef service financier et du matériel ; sans oublier le magasinier. Ils ont tous été entendu par le juge. Seulement qu’ils ne sont pas en situation de détention préventive ; mais poursuivis dans le cadre de ce vol spectaculaire de moustiquaires imprégnées. Seuls le gardien de la Dds, Elie B, l’agent d’entretien Mme Kouni S. employée au service de l’hygiène sont gardés à la prison civile de Natitingou. Selon certaines sources, c’est la déposition de ces derniers qui aurait amené le juge à poursuivre les cadres cités plus haut. Seulement, il est difficile de comprendre que le juge poursuive l’ex Dds qui est l’auteur même de la plainte adressée au procureur. Une plainte au parquet qui ne peut être rien d’autre que la conséquence du silence observé au niveau du ministère de tutelle qui n’a rien fait pour élucider ce dossier et situer les responsabilités.  Aucune commission d’enquête jusque là.

La suite de l’enquête permettra à coup sûr de savoir si ces cadres et responsables au niveau de la Dds, au moment des faits, et qui comparaissent pour être écoutés dans ce sale dossier n’étaient véritablement pas mêlés à cette soustraction frauduleuse de moustiquaires destinées aux populations.

Vol de moustiquaires à quelles fins ?

La question que tout le monde se pose est de savoir à quelle fin ce vol a-t-il été perpétré. Plus de mille moustiquaires volées à la faveur de la campagne de lutte contre le paludisme conduit par le Programme national de lutte contre le paludisme en 2011. Si même on a une famille nombreuse, a-t-on besoin de recourir au vol pour avoir le nombre de moustiquaires qu’il faut pour les siens, surtout lorsqu’on est agent à la Dds ? Non ! La raison  du vol doit être bien ailleurs, surtout au regard de la scène qui s’observe dans les feux et autres grands carrefours de Cotonou.

En effet, depuis quelques années, le commerce des moustiquaires imprégnées s’est imposé au niveau des grands carrefours de la capitale économique. Le carrefour de Godomey où est érigé l’échangeur est passé maître de ce trafic de vente des moustiquaires. Un petit tour permet de se rendre à l’évidence que pour la plupart, ce sont des moustiquaires non destinées à la vente c’est-à-dire celles qui sont distribuées à l’occasion des campagnes de lutte contre le paludisme qui se retrouvent à ces carrefours transformés en espace commercial. Le ministère de la santé, en association avec celui du commerce peut mener des investigations tendant à voir clair dans les conditions dans lesquelles des moustiquaires destinées à la distribution gratuite se retrouvent dans la vente à la criée dans les carrefours. Une telle initiative viendra renforcer la bonne gouvernance et surtout la lutte contre la corruption et non les tournées de sensibilisation sur la corruption qui font souffrir davantage les finances publiques.

Laurent Akouêyikou

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