Affaire vente d’or / demande de levée de l’immunité parlementaire : Le gouvernement Yayi aux trousses de Désiré Vodonou

Publié le par L'informateur

Le Garde des sceaux, Ministre de la justice, de la législation et des droits de l’homme, Grégoire Akofodji, vient de saisir l’Assemblée nationale au nom du gouvernement du président Boni Yayi pour demander la poursuite du député  Désiré Vodonou devant la justice. C’est à travers les communications lues au cours de la plénière d’hier que cette nouvelle est tombée. Cette information donne toute la preuve que le pouvoir du changement va de coq à l’âne et ne sait plus vraiment à quel saint se vouer. C’est d’autant plus vrai que dans cette affaire supposée d’escroquerie, la police judiciaire était déjà montée au créneau pour parler d’un flagrant délit et que l’honorable Vodonou Désiré est sérieusement recherché.  En effet, il est reproché au député Force Clé d’être le cerveau d’une affaire d’escroquerie et de vente d’or avec des Sud Africains. C’est du moins ce que le Commissaire central de la ville de Cotonou, Louis Philippe Houndégnon, a laissé entendre il y a quelques jours dans un entretien accordé à une chaîne de télévision privée du Bénin. Dans sa déclaration, le Commissaire Louis Philippe Houndégnon, a même montré des pièces qui apparemment compromettraient le député Désiré Vodonou. Plus précisément, le Commissaire Louis Philippe Houndégnon, a montré deux dossiers de pièces d’identité, l’un portant Désiré Vodonou et l’autre portant Léon Dokpègan mais avec la même photo d’identité appartenant au député Vodonou. Si le député reste introuvable et carrément absent au Palais des gouverneurs à Porto-Novo depuis un certain temps, cette saisine du Garde des sceaux vient semer la confusion dans ce dossier que les gens qualifient à tort ou à raison d’acharnement politique. C’est d’autant plus vrai qu’après cette sortie médiatique du commissaire, on ne peut plus s’attendre à une demande de levée de l’immunité. Et c’est ce qui ôte toute la pertinence à ce dossier et qui fait couler autant d’encre et de salive. Est-ce à dire que Yayi Boni a échoué dans son plan d’arrestation pour flagrant délit ? Ce changement de stratégie semble bien l’insinuer.   Ce qui est évident, la balle est désormais dans le camp des collègues de l’Honorable Désiré Vodonou qui devront  lever son immunité parlementaire pour permettre à la justice de faire son travail ou encore qui peuvent refuser de lever cette immunité s’ils n’y voient aucune pertinence. Par rapport à cela, c’est à l’article 90 de la constitution qu’il faut se référer.  

 « Les membres de l’Assemblée nationale jouissent de l’immunité parlementaire. En conséquence, aucun député ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé à l’occasion des opinions ou votes émis par lui dans l’exercice de ses fonctions. Aucun député ne peut, pendant la durée des sessions, être poursuivi ou arrêté en matière criminelle ou correctionnelle qu’avec l’autorisation de l’Assemblée nationale, sauf les cas de flagrant délit. Aucun député ne peut, hors session, être arrêté qu’avec l’autorisation du Bureau de l’Assemblée nationale, sauf les cas de flagrant délit, de poursuites autorisées ou de condamnation définitive. La détention ou la poursuite d’un député est suspendue si l’Assemblée nationale le requiert par un vote à la majorité des deux tiers ».

Géoffroy Wusa 

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