Affaire relative au trafic de drogue : Galiou Soglo assigne Illassa, Djossou et Vihoundjè en justice

Publié le par L'informateur

Galiou Soglo l’a dit. Et l’a fait. L’ex-ministre de la culture de Boni Yayi a assigné, au sujet du trafic de drogue, les blogueurs Benoît Illassa, Christophe Djossou et Joël Dimitri Vihoundjè en justice  pour diffamation. Il réclame 150 millions de F Cfa aux présumés coupables.

« Je suis dans les locaux de Golfe Tv. Je suis au Bénin.  J’ai saisi déjà mes avocats au Bénin et en France. J’irai jusqu’au bout. Je n’accepterai jamais des excuses. Cette affaire est trop grave. Une  telle calomnie ne restera pas sans suite. Je suis un homme blessé », a déclaré, en décembre 2011, l’ancien ministre de la culture Galiou Soglo sur la chaîne d’Ismaël Soumanou.

Suite à ces propos, le fils « rebelle » des Soglo est passé, en janvier 2012, à l’acte. Suivant son avocat Prosper Ahounou, Galiou Soglo a adressé une citation directe aux présumés auteurs d’actes diffamatoires. Il a assigné trois blogueurs en justice. Il s’agit de Benoît Illassa,  juriste d’entreprise, demeurant à Paris, Christophe Djossou, journaliste, et Joël Dimitri Vihoundjè, tous deux, demeurant à Cotonou.  Ils sont invités à comparaitre mercredi 25 janvier prochain au tribunal de Cotonou pour répondre de leurs actes. Vu le préjudice à lui causé, Galiou Soglo réclame 150 millions de francs Cfa pour dommages-intérêts.

Certains blogueurs  parlent d’assignation sélective. L’information est partie, disent-ils, de quelque part. Ils n’ont fait que la relayer. Or, le requérant n’a pas assigné en justice ceux-là qui sont à la base de cette affaire qualifiée de  diffamation. En dehors des « vrais » auteurs, l’ancien  ministre de la culture de Boni Yayi  n’a pas envoyé la citation directe à tous les blogueurs qui ont commenté l’information sur l’internet.

Mais qu’est-ce qui a poussé Galiou Soglo à l’assignation ? Une folle rumeur a fait, entre temps, le tour du Bénin pour ne pas dire le tour du monde. Une fausse information selon laquelle Galiou Soglo est mis aux arrêts en France pour trafic de drogue, précisément la cocaïne. Il est arrêté, dit-on, à sa descente d’avion  à Paris avec une valisette contenant des stupéfiants. Il a été dit qu’il séjourne dans une prison parisienne depuis des semaines. Les tentatives du gouvernement béninois  pour la  libération  du «trafiquant», précise-t-on, sont restées infructueuses.

Comme une traînée de poudre, la «nouvelle» a fait le tour des quatre coins du monde. Ces allégations ont touché le chef de l’Etat béninois  pour qui l’ex-ministre de la culture serait, dit-on, en mission dans l’Hexagone. Profitant d’une sortie médiatique, Boni Yayi a traité les journalistes de «charognards» et d’«écrivaillons» à la face du monde. Idem pour l’ancien président de la République Nicéphore Soglo, père de Galiou, qui a menacé de traquer tous les auteurs de ces accusations sans fondement.

Sur ce, les auteurs sont revenus, en tout cas, à la charge pour démentir la «nouvelle» sans autre forme de procès. Ils affirment que les sources, qui leur donnent des informations crédibles, les ont induits en erreurs. Ils ont fait leur mea culpa.  Mieux, les auteurs des déclarations ont présenté leurs sincères excuses à Galiou Soglo et sa famille.

Mais Galiou Soglo est revenu au bercail. Il a refusé d’accepter les excuses atténuantes à lui présentées. Il a choisi la voie de la justice. Le premier procès politico-juridique de l’année s’ouvre le mercredi prochain au tribunal de Cotonou

Aziz IMOROU

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