Affaire placement d’argent : Le payement des victimes d’Icc-services de plus en plus compliqué

Publié le par L'informateur

 

Après la conférence de presse du jeudi dernier de madame Véronique Lawson,  présidente du  comité de suivi des structures de placement illégal d’argent, les victimes de ce désastre ne devraient plus rien espérer. C’est d’autant plus vrai que sur les 70 milliards annoncés comme étant le point du désastre, la somme disponible jusque-là n’atteint pas 1 milliard. A en croire madame Lawson, il y a exactement 964.000.000 de FCFA dont 256.146.200 FCFA disponibles au Trésor Public, 450.000.000 de FCFA dégelés et 258.000.000 FCFA, montant tiré de la vente de 53  véhicules des responsables de la structure. En effet, étant donné que les fonds disponibles ne suffiront pas au remboursement des victimes, les promoteurs ont été sensibilisés à donner leur autorisation pour la réalisation de leurs biens placés sous mains de justice.

Ainsi, à leur requête, par une ordonnance en date du 02 mai 2011, le juge d’instruction du 1er Cabinet du Tribunal de Première Instance de Cotonou, a ordonné la mainlevée et la vente aux enchères publiques de 53 véhicules appartenant aux promoteurs de " ICC Services ".

 Malgré cela, le montant disponible  est tellement insignifiant à côté de la dette que les autorités en charge de cette affaire ont demandé et obtenu la main levée sur les immobiliers afin qu’on procède aussi  à leur vente dans la perspective de démarrer le payement.  

S’agissant des immeubles, il a été dénombré au total 157 dont 61 maisons bâties, 67 maisons inachevées et 27 parcelles nues dont la réalisation permettra de récupérer un montant important pour satisfaire les déposants. C’est le niveau actuel des démarches du comité de suivi. Que pourra représenter la somme  issue de la vente de ces immeubles à côté de 70 milliards ?  Vu le gigantisme de l’ardoise, il est à craindre que malgré la vente  des immeubles annoncée, que le comité ne parvienne pas à rembourser tous les spoliés. Et comme on peut découvrir dans orientations du gouvernement les critères de  remboursement  décidés par le Conseil des Ministres en sa séance du 1er septembre 2010. On peut, entre autres, retenir que le remboursement des déposants de chaque structure est fait exclusivement avec les fonds récupérés auprès de celle-ci. Il faut préciser qu’aucune solidarité n’est envisagée entre les différentes structures : les fonds de l’une ne pouvant, en aucun  cas  servir à désintéresser les déposants de l’autre.  Mieux, abordant la question, le gouvernement est toujours resté muet quant à une probable aide même si c’est à échelonner sur des années pour soulager les peines des populations abusées. C’est à partir de ces différents constats que nous pensons que l’espoir n’est pas pour demain malgré tous les tapages. On payera tout au plus une partie des spoliés et renvoyer le reste  dans un futur imprécis. Le comité avait à cet effet annoncé  qu’il sera effectué le payement des clients dont le montant escroqué est  inférieur ou égal à 100 mille francs. Mais force est de constater que ce faisant, on est encore  en plein dans une injustice car les autres aussi sont spoliés et le gouvernement en partie responsable de la crise doit s’efforcer de faire en sorte qu’ils soient eux aussi remboursés. C’est ce qui fait dire que les spoliés d’Icc services doivent encore attendre longtemps.  

Géoffroy Wusa

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