Aéroport international Cardinal Gantin : L’aéronef de Bongo emporte le commissaire Hounnoukpè

Publié le par L'informateur

Le chef de l’Etat  Boni Yayi a relevé, hier,  le commissaire de l’aéroport Nazaire Hounnoukpè de ses fonctions à cause de l’aéronef d’Ali Bongo. Il est lui reproché d’avoir confisqué le passeport diplomatique  du directeur de cabinet du président gabonais aux mépris des conventions internationales.

 La raison d’Etat a emporté le commissaire Nazaire Hounnoukpè. Pour avoir défié l’autorité du chef de l’Etat, le commissaire de l’air et des frontières de l’aéroport international Bernardin Cardinal Gantin a appris à ses dépens. Il a été démis purement et simplement de ses fonctions. On lui reproche d’avoir saisi  à tort le passeport diplomatique du directeur de cabinet du président de la République du Gabon aux mépris des règles diplomatiques et des conventions internationales.

 En effet,  le directeur de cabinet d’un président de la République a rang d’un ministre ou d’un ministre d’Etat. L’aéronef du directeur de cabinet du président gabonais a atterri, vendredi 11 novembre, à l’aéroport international Bernardin Cardinal Gantin à Cotonou. L’appareil est parti et revenu, dimanche 13 novembre,  à Cotonou pour ramener le directeur de cabinet au Gabon.  Suite à une fouille de l’aéronef, le commissaire Nazaire Hounnoukpè a constaté une irrégularité. Il a saisi alors le passeport diplomatique de cette autorité gabonaise.

Malgré les injonctions de la présidence de la République, le commissaire a refusé, dit-on, de restituer le document au porteur. Il a même disparu, selon la présidence, avec le passeport du directeur de cabinet d’Ali Bongo. Une attitude qu’on est prêt à digérer au palais. Le président a autorisé le décollage de l’appareil. Boni Yayi  est revenu à la charge pour faire payer à Nazaire Hounnoukpè le prix de son outrecuidance.   

 

Un commissaire peut-il tenir tête à son chef d’Etat ?

Il est difficile de diriger les accusations portées à l’encontre du jeune commissaire pour justifier son relèvement de son poste. Un poste qu’il a gagné sous peu. Cela ne fait même pas encore deux mois.  Même si quelques cours de droit sont enseignés dans les écoles de police au Bénin, il est évident que Nazaire Hounnoukpè ne maîtrise pas tout le détail relatif aux conventions internationales.

Mais on ne peut pas comprendre qu’un jeune premier qui vient de connaître une promotion puisse tenir tête au palais en refusant de restituer le document saisi. Un simple commissaire de police peut-il résister à un chef d’Etat qui s’appelle Boni Yayi ? Non !  Seulement parce qu’il s’agit d’un officier qui vient de connaître une promotion. Il ne saurait être aussi zélé pour oser affronter le chef suprême des armées.

La vérité  doit-être bien ailleurs. Mais à quel dessein, a-t-on été obligé de charger dans l’opinion cet officier qui a commencé à donner la preuve de sa capacité à aider à une lutte efficace et  efficiente contre une insécurité grandissante dans le pays ? Le commissaire Nazaire Hounoukpè a mis la main, il y a quelques jours, sur deux jeunes qui ont tenté d’escroquer une expatriée.

Eu égard à tout cela, s’il est réel que le commissaire relevé a tenté de tenir tête au palais, alors il doit vraiment en avoir de bonnes raisons. Il soupçonne, peut-être, quelque chose de suspect dans cet aéronef. Un jour, on saura la vérité.

Aziz IMOROU

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