Adoption hier de l’étude en procédure d’urgence de la loi référendaire : Un test illusoire pour la révision de la constitution

Publié le par L'informateur

63 pour, 1 contre et 6 abstentions. Voilà le résultat issu de la consultation lancée par le président Nago pour recueillir l’avis de la plénière au sujet de la requête d’un groupe de députés sur 5 des points inscrits à l’ordre du jour de cette session extraordinaire.  Parmi ces points, figure en bonne place la proposition de loi organique portant conditions de recours  au référendum.  C’est d’ailleurs l’un des points  de cette session qui retient l’attention de beaucoup de béninois, aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur  en ce sens que son adoption ouvre le boulevard de la révision de la constitution du 11 décembre 1990. Le résultat de 63 voix pour peut déjà  commencer par faire rêver certains députés et le principal commanditaire qui n’est rien que le chef de l’Etat qui s’était lancé dans une campagne d’information et de sensibilisation en faveur de  la révision de la constitution. C’est d’autant plus vrai qu’avec  62, 25 de voix, il y a la majorité des ¾ requise pour  soumettre toute question au référendum conformément aux dispositions de l’article 98.1 du règlement intérieur qui stipule «Conformément aux dispositions de l'article 108 de la Constitution, les députés peuvent, par un vote à la majorité des trois quarts, décider de soumettre toute question au référendum. » Pour réussir  à faire passer l’étude de cette proposition de loi en procédure d’urgence et calmer certaines vigilances, les esprits malins ont trouvé la formule de lui joindre 4 autres points. Il s’agit de la proposition de loi portant règles générales applicables aux personnes militaires et assimilés en république du Bénin, de la proposition de loi portant prévention et répression des violences faites aux femmes, du projet de loi portant autorisation de ratification de l’accord de prêt signé entre la république du Bénin et la banque ouest-africaine de développement dans le cadre du financement partiel du projet de construction de la ligne d’interconnexion électrique 161 KV Bembèrèkè-Kandi-Malanville en république du Bénin et enfin du projet de loi portant ratification de prêt de l’accord de prêt signé en république du Bénin et la banque ouest-africaine de développement dans le cadre du financement partiel du projet d’aménagement et de bitumage de la route ouidah-allada et de la bretelle Pahou –Tori.

 

Trop tôt pour crier victoire

En matière de stratégie, la requête de l’étude en procédure d’urgence constitue entre autre un test.   Les 63 voix recueillies par ce vote constituent déjà aux yeux de certains une victoire par rapport à la révision de la constitution via l’adoption de la proposition  de loi organique portant conditions de recours au référendum. C’est donc  pour voir combien de députés peuvent être emballés dans cette aventure. Après le vote, certains commentaires vont déjà dans le sens d’un test réussi pour la révision de la constitution. Or, c’est trop tôt d’aller dans ce sens. C’est d’autant plus vrai que la Renaissance du Bénin forte de ses 9 députés a son mot à dire dans ce débat. La réaction de l’honorable Epiphane Quenum qui demandait une relecture des 5 points en question en dit long. En dehors de cela, un bourdonnement de loin se fait de plus en plus entendre du côté de la mouvance pour fustiger cette initiative de la révision de la constitution. A juste titre, les gens veulent éviter de donner carte blanche au retour de   Yayi après son deuxième mandat. Or on apprend des bouches insoupçonnées que ce projet de révision est un piège pour la marche vers une nouvelle république qui s’appellerait République Démocratique du Bénin. En tant que tel, rien n’empêcherait  l’actuel président de la République d’être candidat aux élections présidentielles de 2016  pour ce succéder à lui-même pendant que l’ensemble de la classe l’accuse d’avoir sous ses bottes le système électoral du pays. Le dernier K.O proclamé par la cour de Robert Dossou et la lépi en disent long.  Or, la Renaissance du Bénin et d’autres forces politiques ont forcément leurs candidats pour les élections de 2016. Et comme logiquement, la vocation de toute force politique est d’accéder à la magistrature suprême, il serait illusoire que la Rb fasse le lit à cette révision qui risque de compromettre les chances de Léhady en 2016. A partir de ces aspects, la question de la révision ne sera pas aussi facile que le pensent certains. En tant que tel, le vote  de l’étude en procédure d’urgence est certes un test réussi mais illusoire. Wait and see.  

Geoffroy Wusa

Publié dans Actualité

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