Accueil des émissaires ivoiriens à Cotonou : Pourquoi Yayi ne doit pas soutenir le coup de force de Gbagbo

Publié le par L'informateur

Il est clair que le professeur Laurent Gbagbo s’est  autoproclamé président élu de la République de la Côte d’Ivoire. Cependant, après avoir posé un tel acte qui est à l’antipode des principes démocratiques, le successeur du général Robert Guéï cherche désespérément des soutiens dans la sous région ouest africaine pour se maintenir au pouvoir. Il a envoyé, hier, des émissaires à Cotonou pour négocier le soutien béninois dans le cadre du sommet de la CDEAO qui s’ouvre aujourd’hui au Nigéria. Mais pourquoi le chef de l’Etat Boni Yayi ne doit pas soutenir le régime illégal de Gbagbo.

Soutenir le pouvoir illégitime  de Laurent Gbagbo serait une grosse erreur de la part du docteur Boni Yayi. Et pour cause ! La dernière élection présidentielle ivoirienne a donné Alassane Ouattara vainqueur avec 54, 10 % contre 45, 90% pour Laurent Gbagbo. Tels sont les résultats proclamés par la Commission électoral indépendante (Céi) de M. Bakayoko. Contre toute attente, le Conseil constitutionnel de M. Yao N’dré a invalidé les suffrages exprimés dans 7 départements considérés comme fief de l’ancien premier ministre de Félix Houphouët Boigny. Le président du Conseil constitutionnel a proclamé alors  Laurent Gbagba vainqueur de la présidentielle avec 51, 45% contre  48, 55% pour son challenger. Un tel montage a suscité la réaction de la communauté internationale qui a validé l’élection de Alassane Ouattara à la tête de la Côte d’Ivoire. Malgré cela, le vaincu a prêté serment.  Ne sachant quoi faire,  le vainqueur Ouattara qui a le soutien de Guillaume Soro prête aussi serment. La Côte d’Ivoire dispose ainsi de deux présidents. Laurent Gbagbo, de plus en plus seul, se met la communauté internationale à dos. 

Sur ce, le président nigérian Jonathan Good Luck a demandé officiellement au gouvernement Gbagbo de se ranger au profit de l’élu légal Ouattara.  Ce qu’il n’a pas fait. Comme il n’entend pas se départir de son titre de président, il envoie des émissaires dans la sous région pour « quémander » des soutiens dans le dessein de se présenter au sommet de la CDEAO à Abuja. Contrairement au chef de l’Etat nigérian, le président béninois  n’a pipé mot sur la situation ivoirienne. Comme le dit l’adage, qui ne dit rien consent. Mieux, les émissaires ivoiriens ont été accueillis en pompe à Cotonou. Si le successeur du général Mathieu Kérékou soutient Gbagbo, il donnera sans aucun doute un signal négatif pour la présidentielle de 2011.  Mais le chef de l’Etat Boni Yayi ne doit  pas engager le Bénin sur cette voie anti-démocratique. Surtout, une nation démocratique comme le Bénin ne peut en aucun cas promouvoir les valeurs qui contrastent avec les idéaux de la démocratie. Sinon, le Bénin risque de se mettre la communauté internationale à dos.

Somme toute, pour donner une belle image au Bénin, le chef de l’Etat Boni Yayi doit éviter de se rallier à Laurent Gbagbo dans le cadre du sommet de la CDEAO au Nigéria. Mais le  malheur du président illégitime est que le sommet se tient chez Jonathan Good Luck qui n’entend pas accorder une prime à un pouvoir illégal et illégitime.  

Aziz IMOROU

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