A propos de la prétendue suspension provisoire de la Rb : Ce qui s’est réellement passé lors de la réunion de crise de l’UN

Publié le par L'informateur

Dans leur livraison d’hier mercredi 22 juin 2011, la plupart des journaux ont affiché, à qui mieux mieux et à la Une, une suspension du parti la Renaissance du Bénin de la Coalition l’Union fait la Nation sans en préciser les réelles circonstances et sans restituer la quintessence des débats qui ont lieu mardi dernier lors de la réunion de crise. Retour sur ce qui s’est réellement passé.

 

La Conférence des présidents de l’Union fait la Nation s’est effectivement réunie le mardi dernier.  Tous les partis membres étaient conviés à cette importante séance qualifiée à tort ou à raison de séance de clarification de la nouvelle orientation politique de la Renaissance du Bénin.  Le parti de Léhady Soglo, la Rb, puisque c’est d’elle qu’il est question, s’est fait représenter à cette assise par Epiphane Quenum et Francis Loko, tous deux députés à l’Assemblée nationale et militants de la Rb. D’entrée, ces deux représentants de la Rb ont été appelés dans le bureau de Bruno Amoussou, président de l’Union fait la Nation. Ici, les attendaient outre le président de l’Un, le Coordonnateur national Kolawolé Idji et le candidat unique Adrien Houngbédji.  Une séance restreinte a été tenue à ce niveau. Au cours de la séance, le président Bruno Amoussou a dit que les autres membres de la Coalition voulaient avoir des explications sur la nouvelle position de la Rb au sein de leur regroupement commun. En d’autres termes, c’est le procès de la Rb qui se trouve être l’ordre du jour de la rencontre. Mais les représentants de Léhady Soglo cités supra, ont observé un refus catégorique par rapport à ce tribunal qui ne dit pas son nom devant lequel on les a appelés. Ils disent qu’ils ne sont pas mandatés pour une quelconque clarification mais pour que l’UN, après les élections présidentielles et législatives, fasse un bilan et envisager autrement l’avenir pour des résultats concluants. Mais le président Amoussou ne veut pas l’entendre de cette oreille. Il estime que c’est trop tôt de faire le bilan parce que dit-il, « l’Union risque de se casser ». Le président Idji quant à lui, s’inquiète sur  ce qui pourrait advenir des 21 députés membres  du groupe parlementaire qu’il préside si un bilan de l’UN est fait tout de suite.  C’est sur cette incompréhension au cours de la petite séance restreinte que la réunion a été ouverte sur les autres membres de la conférence des présidents. A cette étape, les autres membres de la conférence des présidents, comme si c’était un accord préalable, ont exigé la présence de Léhady Soglo. Ils ont demandé de suspendre la Rb  des activités de l’UN en attendant la présence  de son président pour la fameuse clarification qu’ils réclamaient à cor et à cri. Les représentants de l’UN ont réaffirmé à la phase de la conférence des présidents qu’ils n’ont pas reçu mandat de Léhady pour accepter cela. Le président  Amoussou prend la parole et déclare que tant que la Rb ne clarifie pas sa position, elle ne participe plus aux activités de l’Union.  Mais les mandataires de cette formation politique proposent quant à eux, la mise en place d’un comité de crise qui va rendre ses conclusions. L’idée est acceptée mais Bruno Amoussou et les autres membres de la conférence des présidents soutiennent qu’en attendant, la Rb ne participe plus aux activités de l’UN.

 

A quoi retourne le bilan dont parlent les représentants de la Rb ?

Il s’agit de faire toucher du doigt que la Rb n’en est pour rien dans la défaite du candidat de l’UN à l’élection présidentielle de 2011. Bien au contraire. En effet, la machine a fonctionné pour ne pas produire un bon résultat. La Direction de campagne a été lancée sans moyens financiers. Léhady Soglo, Directeur de campagne, a proposé sans succès un planning d’opérationnalisation et de quadrillage du terrain. A aucun moment, le candidat unique ne s’est montrer disponible à suivre les orientations de la Direction nationale de campagne. Même les autres ténors de la coalition ne se sont pas impliqués dans ce qui se passe à la Direction nationale de campagne. Ils ne s’y rendent d’ailleurs presque pas. Idji Kolawolé, Coordonnateur national de l’Un, tout le temps qu’ont duré les hostilités, n’a pu tenir qu’une et une seule conférence de presse à la Direction de campagne.

Par ailleurs, il n’y avait pas les moyens pour installer la brigade anti-fraude. Le redoutable adversaire qu’est Yayi  et ses hommes ont opéré sans être surveillés.  Où se trouve la faute de la Rb si l’UN ne s’est pas donnée les moyens de sa politique ? La Direction nationale de campagne a fait la politique de ses moyens.  Ce sont ces choses-là que la Rb voulait faire toucher du doigt et en famille à la conférence des présidents de l’UN. Mais hélas !

L’autre chose qui tient à cœur à cette formation politique, c’est l’avenir de l’Union après l’échec de Me Adrien Houngbédji. En effet, les documents qui devraient permettre à Houngbédji de passer le témoin à Léhady au poste de candidat à la candidature de l’UN à la présidentielle de 2016 n’existent toujours pas. Le procès-verbal de la séance houleuse de la nuit du 09 au 10 avril ayant consacré Houngbédji candidat unique de l’UN pour 2011 est resté jusqu’à ce jour dans l’anonymat. Dans ces conditions, 2016 est encore incertain, sombre quant à la tenue des engagements ayant dissuadé Léhady Soglo à se sacrifier au profit de Adrien Houngbédji. Ce sont ces sujets là, ce sont ces vraies questions que feignent d’éviter les alliés de la Rb en repoussant le bilan à mi-parcours de l’UN pour se concentrer sur la clarification de la nouvelle option politique de la Rb.

En tout cas, au niveau des responsables de cette formation politique, c’est la grande sérénité et l’espérance que la raison triomphera des autres considérations politiciennes pour qu’enfin, on voit la réalité en face.

Vivien MITCHAÏ

Publié dans Actualité

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