A 7 jours de la fin de l’emblavure cotonnière : Yayi encore à l’étape de promesse d’engrais

Publié le par L'informateur

Certains  producteurs  n’ont pas encore reçu d’engrais à sept jours  de la fin des semences cotonnières. Ils attendent la tenue de la promesse du  chef de l’Etat.

L’heure est grave. En moins d’une semaine de la fin de la semence, beaucoup de paysans ne savent pas encore à quel saint se vouer en matière d’intrants agricoles. Les différentes sortes d’engrais se font attendre dans plusieurs communes du pays. Le constat est amer.

« Le problème majeur est la mise en place tardive des engrais. On n’a  pas  encore les deux qualités d’engrais. On n’a ni NPK ni urée », s’indigne le directeur du Centre régional de la promotion agricole (Cerpa) du département du Zou/Collines Pamphile Tobada. Le taux d’emblavure est de plus de 40% dans ce département.

Les paysans n’ont eu droit qu’à la promesse du président de la République. L’envoie des intrants agricoles est encore à l’étape de la probabilité. « Nous allons tout faire pour mettre les intrants à votre disposition. Les engrais vont  venir probablement demain », a lâché le chef de l’Etat en face des cotonculteurs de Dassa-Zoumè. 

Bien que la promesse de Boni Yayi soit ferme et sincère, cela  n’augure pas un lendemain meilleur dans le secteur cotonnier. La production de l’or blanc est une affaire de délai. La semence du coton-graine démarre dans la deuxième quinzaine du mois de mai pour prendre fin dans la première quinzaine du mois de juillet. 

Le paysan, qui a semé le coton-graine en mai ou en juin, doit déjà semer l’engrais NPK en attendant l’urée. Or, ces producteurs continuent d’attendre les intrants. Pendant combien de temps vont-ils attendre engrais, herbicides et insecticides ? On n’en sait rien. Toujours est-il que tout reste à l’étape d’une promesse présidentielle.

Ce qui risque d’hypothéquer le rêve de Boni Yayi de voir le Bénin produire 400 mille tonnes de coton. Une chose est d’emblaver 400 mille hectares mais une autre est de réaliser 400 mille tonnes de coton.  Si les paysans n’entretiennent pas les plantes de coton dans les délais indiqués, les fruits risquent de ne pas tenir la promesse des fleurs.

Les producteurs, qui ne vont pas recevoir d’intrants, seront obligés de sauter les plantes de coton au profit d’autres cultures vivrières. L’or béninois est entre sauvetage et péril.  

Aziz IMOROU

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