Conférence publique dans le cadre du festival à Abomey : Le professeur Alladayè étale les 41 lois du roi Hwegbaja du Danxomè

Publié le par L'informateur

Le professeur Jérôme Alladayè, maître de conférence en histoire, à l'Université d'Abomey-Calavi a tenu, le 17 décembre 2008, une conférence publique à Abomey dans le cadre du festival du Danxomè.  Occasion pour lui  de partager avec le public le contenu de son ouvrage intitulé "Fresques Danxoméennes" relatives  aux quarante et une (41) lois du roi Hwegbaja , le père fondateur du royaume du Danhomè devenu Bénin en 1975. En présence du maire Blaise Ahanhanzo Glèlè et Dah Aligbonon,  la conférence a eu lieu à la préfecture d'Abomey devant un parterre de festivaliers.

 

Le royaume du Danhomè est la plus connue  des entités politiques qui ont existé sur le territoire de l'actuelle République du Bénin à l'époque précoloniale, a précisé le conférencier pour planter le  décor. Le professeur Jérome Alladayè,  a expliqué que le roi Hwegbaja (1645-1685)  a doté le royaume du Danxomè d'un corpus législatif qui n'a rien à envier aux lois européennes ou américaines que nous recopions sans ambages. En mettant l'accent sur les 41 lois du père fondateur du royaume, il a fait savoir que  ces lois subdivisées en trois parties ont pris en compte tous les domaines de la vie. Il s'agit des normes d'organisation politique et administrative, des normes d'organisation sociale et religieuse et enfin des normes d'organisation économique.

En première partie, le conférencier Jérôme Alladayè a étayé les seize articles (1, 2, 10 , 15, 16, 17...) qui présentent les limites et subdivisons du royaume. Les dispositions des articles s'imposent à tous les sujets qui leur doivent obéissance et respect absolu. Il faut dire que ces articles donnent le plein pouvoir au roi de Danxomè. "Le roi était le justicier suprême auquel tous devraient se soumettre en toute matière...", a-t-il précisé. En deuxième partie, il est question  d'autres articles (3, 21, 22, 25, 26...) qui montrent que le législateur Hwegbaja avait déjà instauré dans son royaume le respect strict de développement d'une vie fraternelle et harmonieuse avec, à la clé, une hospitalité légendaire. Le roi donnait la nationalité danxoméenne à tout étranger qui a résidé, durant 3 ans, sur le territoire du Danxomè.  Mais les auteurs d'avortement ou du meurtre écopent de la peine capitale. ’’Seul Dada Sègbo, le Créateur Suprême, donne la vie et peut l'ôter, mais pas celui à qui il en prête la jouissance’’, était la conviction du roi législateur. Selon le roi, celui qui adore les divinités (Sakpata, Hêbiosso...) adore Dieu suprême. 

En troisième partie, il a énuméré les articles (4, 5, 6, 8, 28...) qui indiquent les conditions d'occupation et d'exploitation de la terre à titre individuel ou collectif. Mais les cours d'eau (source de vie) ne sont pas des propriétés personnelles. Les cultures vivrières complétées par le palmier à huile et le néré sont encouragés dans le royaume. Les transactions et les échanges commerciaux sont réglementés.

En conclusion, le conférencier a vanté les mérites des lois du  fondateur du royaume de Danxomè qui n'a rien à envier aux lois occidentales en application dans les Etats modernes de l'Afrique. "Il faut que nous partions de ce que nous ont laissé nos ancêtres pour aller de l'avant pour être nous-mêmes", a conseillé le professeur Jérôme Alladayè qui a invité les populations à la lecture de son ouvrage "Fresques Daxoméennes" pour mieux comprendre la législation de Hwegbaja. Il n'a pas manqué de dénoncer la politisation de la royauté dans notre pays. « Nos rois ne doivent pas se faire les pantins des politiciens », s'obstine-t-il à défendre pour montrer que le roi est un homme respectable et respecté qui ne doit pas se rabaisser devant les politiciens comme on le voit aujourd'hui au Bénin.

 

Aziz IMOROU

(Br/Zou-Collines)

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