Grande chancellerie de l’ordre national du Bénin : Les incohérences d’une nomination (La gente féminine oubliée à la première vraie occasion)

Publié le par L'informateur

Boni Yayi n’a donc pas perdu du temps. Le président de la République vient de choisir le successeur du Feu Biokou à la tête de la Grande Chancellerie de l’Ordre National du Bénin. A la faveur du conseil des ministres du mercredi 03 décembre 2008 dernier, le gouvernement a fait connaître l’heureux élu. Il s’agit de M. Karim da Silva, porte-parole des ‘’sages de Porto-Novo’’. Il parait que cette nomination était déjà annoncée officieusement par certains proches du pouvoir. Mais n’empêche, cela a dû surprendre plus d’un. En effet, et cela n’a certainement pas échappé à beaucoup, elle est éminemment politique. C’était déjà le cas pour la formation du troisième gouvernement du Chef de l’Etat. Et ce sera le cas pour toutes les nominations qu’il aura à faire d’ici les présidentielles de 2011. En effet, pour garantir sa réélection, Boni Yayi doit apprécier à chaque fois, la valeur électorale de celles-ci. Pour être plus précis, le chef de l’Etat doit s’assurer que ces nominations sont potentiellement à même de lui rapporter de façon considérable des voix. Et c’est là justement que réside la surprise de beaucoup d’observateurs de la politique nationale.

   Nombreux en effet, sont ceux qui se demandent le gain politique que le choix porté sur la personne de M. Karim da Silva pourrait apporter à Boni Yayi. Et s’il avait un gain politique, beaucoup restent réservés sur sa portée. En effet, la question se pose de savoir quelle est la popularité réelle dont jouit le tout nouveau Grand chevalier de l’Ordre national du Bénin ? A priori, celle-ci est négligeable. La preuve, le soutien indéfectible de Karim da Silva au chef de l’Etat n’a pas fait trembler Porto-Novo dans les mains de Me Adrien Houngbédji. Or, cela ne fait l’ombre d’aucun doute, l’objectif visé par Boni Yayi en portant son choix sur le ‘’sage de Porto-Novo’’ est d’affaiblir le leader tchoko tchoko et par la même occasion de tirer un bénéfice sans appel du point de vue électoral. C’est pourquoi il n’a pas perdu de temps pour se décider. Pourtant, d’autres postes non moins importants restent à pourvoir. On peut citer à titre d’exemple celui de secrétaire général du gouvernement vacant depuis l’entrée de M. Victor Topanou au gouvernement.

   Par ailleurs, un fait anecdotique qui s’est produit le jour des funérailles du feu Biokou  ne militait pas forcément en faveur de M. Karim da Silva. En effet, lorsque fut venu le tour du ‘’sage de Porto-Novo’’ de faire son oraison funèbre, il a littéralement ennuyé la foule qui avait massivement fait le déplacement du stade Charles de Gaule de Porto-Novo. Celle-ci n’a pas hésité à siffler M. Karim da Silva qui, des heures durant et sous un soleil de plomb, racontait dans le menu détail et de manière fastidieuse, ses liens avec le regretté. Les témoins oculaires de l’honneur national rendu à l’ancien Grand Chancelier auront apprécié le choix du chef de l’Etat.

Ghislain GBENAKPON

 

Les femmes oubliées à la première occasion.

« A la première occasion, le chef de l’Etat va se rattraper. Le président Boni Yayi n’a jamais perdu de vue l’importance de la femme dans la réalisation de son projet de société. ». Voilà ainsi paraphrasés le ministre de la justice, porte-parole du gouvernement, Victor Topanou et sa collègue des micros finances  Reckya Madougou. Les deux ministres voulaient rassurer la gent féminine très remontée au lendemain de la formation du troisième gouvernement qui a vu le nombre de femmes en son sein réduit comme un pot de chagrins. Mais les faits sont en train de les démentir. En effet, c’est la première nomination faite par le chef de l’Etat et qui aura marqué les esprits depuis la formation du gouvernement. C’est également la première  vraie occasion pour Boni Yayi de contenter à coup sûr la gente féminine, si tant est que les propos des ministres Madougou et Topanou sont crédibles. Malheureusement, Boni Yayi semble, pour le moment,  leur donner tort. Vivement que la prochaine occasion soit la bonne.

G G

Publié dans Actualité

Commenter cet article