De vendredi à ce dimanche : Week-end noir à Cotonou

Publié le par L'informateur

Week-end suffisamment noir pour le chef de l’Etat et tout son peuple. Alors que les Cotonois comptaient encore leurs morts suite au sanglant braquage de la soirée du vendredi, les cadets béninois ont choisi d’en rajouter  à la note déjà salée. Sur leurs propres installations, les Ecureuils qui avaient commencé par faire rêver toute une nation ont cloué l’échine devant  une équipe guinéenne qui n’était pas une foudre de guerre. Le Bénin vient ainsi d’être éliminé. Comme quoi, un malheur n’arrive jamais seul.

Qui l’eût cru ? Que le prochain braquage, après celui sanglant du 1er avril 2008 allait à nouveau se dérouler sur le même théâtre ?

Vendredi  21 novembre 2008. Il sonnait environ 19h30. Les deux banques qui se sont implantées au cœur du complexe marchand ont déjà fermé leurs portes ; la plupart des commerçants avaient également déjà fermé baraque. Et pourtant, c’est le moment choisi par les hors la loi pour prendre d’assaut le marché international de Dantokpa. Ils tiraient dans tous les sens.

A leur départ, ils ont laissé un bilan lourd. Soit au total 6 morts.

Un enfant de 10 ans ayant reçu une balle perdue à Hindé est passé de vie à trépas avant même de parvenir à l’hôpital le plus proche, St Luc. Son corps a été transféré sur la morgue du Cnhu Hubert Maga. Ceci, au même titre que quatre autres compatriotes qui ont rendu l’âme sur les lieux du drame. Le 6è a rendu l’âme au Cnhu.  On peut souhaiter  que la note ne sera pas davantage salée. Puisque les propos du corps médical paraissent rassurants maintenant : « On peut classer les blessés en trois catégories. A savoir les blessés à l’abdomen, les blessés aux os et ceux qui ont reçu des balles dans les autres parties du corps. De même, trois équipes de chirurgiens ont été constituées. Ils ont travaillé d’arrache pied  toute la nuit du vendredi au samedi. On peut affirmer maintenant qu’ils sont hors de danger » semble rassurer le directeur du Cnhu.

Comme on le constate donc, les dégâts humains ont  été seulement constatés du côté des usagers du marché et les militaires. Ces derniers, en retour n’ont rien pu pour inquiéter des malfrats qui ont pris tout leur temps pour saccager les deux banques. Le chef d’Etat général des armées l’explique par le fait que les malfrats se sont servis des usagers du marché comme boucliers. Les forces d’intervention ne pouvaient donc tirer, de peur d’atteindre plutôt ceux qu’elles sont censées protéger.

 

Contradictions sur le montant emporté

Les deux banques (Diamond Bank et Ecobank) installées dans l’enceinte du marché ont retenu particulièrement l’attentione du marché ont retenu partiluièrement l'nde d'upart des commerçants avaient également déjà fermé baraque.  des indésirables visiteurs. Diamond Bank par exemple a été saccagée, pour ne pas dire qu’elle a été démolie. Les portes, les micro ordinateurs, les téléphones, les installations électriques, rien n’a été laissée au hasard.

 

La question que les uns et les autres se posent est de savoir si les malfrats recherchaient réellement des billets de banque, vu l’heure  à laquelle ils se sont pointés.

En effet, les banques commerciales ne sont pas autorisées à garder d’importante  liquidité. Et dans le cas, d’espèce, nos sources renseignent que le convoi est passé effectivement depuis les 17h. Dans ces conditions, comment faire encore diffuser dans l’opinion qu’à la faveur du braquage, 350 millions ont été vidés de Ecobank, contre 45 millions pour Diamond Bank.

Or, selon le rapport fait devant le chef de l’Etat, le montant cumulé des résiduels s’élèvent plutôt à 45 millions. Ce qui parait bien raisonnable au regard des normes.

Où se situe alors la vérité ? Il urge donc que les responsables de ces institutions bancaires clarifient le sujet. Cela à l’avantage de permettre aux compatriotes d’en a voir le cœur net sur comment les banques respectent les normes bancaires.

 

A chaque ministre de l’intérieur son braquage

Nous ne nous intéressons pas ici aux larcins. Mais les braquages spectaculaires et particulièrement sanglants, notamment ceux connus à l’ère du changement.

Il faut dire que Boni Yayi a nommé son troisième ministre de l’intérieur avec le dernier remaniement. Armand Zinzindohoué est donc aux commandes. Malheureusement, il n’aura pas fait un mois avant d’être accueilli froidement. Alors que ses éléments de la police faisaient la une des chaines nationales de télévision avec  la rafle des petits drogués qui s’essaient au vol de portable, ce sont les malfrats qui retournent au marché.

Pour mémoire, ils l’avaient déjà fait le 1er avril 2008. C’était sous le ministre Félix Hessou. Pour la première fois, le marché international de Dantokpa qui vivait un bain de sang occasionné par des malfrats venus par barque motorisée. L’Etat a alors débarqué des militaires pour sécuriser le marché. Ceci n’a pas empêché les malfrats de s’illustrer à nouveau.

Pour finir, il faut dire que c’est  sous le tout premier ministre de l’intérieur de Boni Yayi que  le top des braquages spectaculaires a été donné.

A l’heure du bilan, il se constate que chaque ministre de l’intérieur de l’ère du changement a à son actif un braquage historique jamais égalé.

Il reste à espérer que l’actuel ministre en charge de l’intérieur ne batte pas le triste record. Qu’on mette à son seul compteur deux, voir plusieurs braquages, c’est vite arrivé. Ce que nous ne pouvons souhaiter.

Vivien Mitchaï

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