1 an après la mise en place du 1er gouvernement de Yayi2 : Les ministres qui assurent, ceux qui font de la figuration et les indispensables

Publié le par L'informateur

Dans quelques jours, le  gouvernement du président de la République, fermera une annuité au pouvoir dans son deuxième et dernier quinquennat. Cette première a été laborieuse sous plusieurs plans. De l’excellente santé diplomatique avec sa brillante élection à la tête de l’union africaine au soulèvement des enseignants en passant par la réforme du Programme de vérification des importations nouvelle génération et le cafouillage dans le secteur du coton le bilan est éloquent sur la détermination du chef de l’exécutif et de son gouvernement à avancer contre vents et marées. Dans son exercice, le Dr Yayi Boni a bénéficié de l’expertise de ses ministres. Ceux qui excellent, ceux qui portent le titre et les autres : revue de troupe.

Le deuxième mandat de Yayi Boni est placé sous le sceau de la refondation. Pour mener à bon port son quinquennat avec l’ambition de passer à la postérité, le président se présente comme celui des grandes réformes et dans nombre de secteurs. Dans cette dynamique, le président s’est délesté des innombrables conseillers techniques pour s’appuyer sur une équipe de technocrates rompus à la tâche sans oublier de contenter quelques formations politiques qui se réclament de la mouvance. 27 ministres composent son gouvernement. Sans vouloir passer au peigne fin l’ensemble de la légion, jetons un regard rétrospectif  sur ces hommes et femmes qui restent au cœur de l’action gouvernementale.

 Les indispensables

Le premier ministre du gouvernement, Pascal Irénée Koupaki est l’un des piliers de l’exécutif béninois. Homme de premières heures, il bénéficie de la confiance du chef de l’Etat et le lui rend si bien. Numéro deux du gouvernement après le président de la République, il sait rester dans l’ombre du docteur tout en lui apportant ses qualités d’économiste et de statisticien.  Il occupe un poste que d’aucun appel « d’inconstitutionnel ». Cela ne l’empêche pas de coordonner l’action gouvernementale et d’être envoyé au front dans la crise dans le secteur éducatif.  Les résultats dans lesdites négociations sont laborieux. Ce qui n’empêche pas ce dernier d’être perçu comme le dauphin de l’actuel président, même si 2016 est encore loin… Malgré ses actions d’envergure, le récent dossier du programme de vérification des importations de nouvelle génération porte de l’ombre à son tableau somptueux.

Jonas Gbian gère le portefeuille des finances. Un secteur très sollicité dans un pays à économie fiscale. Les premières réformes du deuxième mandat du docteur Yayi Boni affectent son département. La réforme du Programme de vérification des importations nouvelle génération doit pouvoir insuffler au trésor public  un apport d’environ 30 milliards d’euros par an. Mais aux dernières nouvelles, il faut tout revoir. Le Pvi n’est pas aussi compétitif qu’on l’aurait souhaité. Résultat des courses, il est mis entre parenthèse.  Pour une croissance économique de l’ordre de 2,6 pour 100 en 2012. Après sa mutation du département de l’énergie et des mines aux finances, l’actuel argentier ne sait pas encore confronter à des dossiers brulants. Toutefois, il garde toute la confiance du président.

Ex Ministre d’Etat chargé de la Défense Nationale muté aux affaires présidentielles, un ministère à la dénomination obscure : Issifou KOGUI N’DOURO, reste l’un des thuriféraires du régime en place. Loin des agitations de clocher, le ministre des affaires présidentielles reste discret mais très efficace à son poste. Même si il y a certain mécontentement chez les hommes de rang qui lui a valu un repositionnement, cela ne passe jamais outre.  Dans la même veine que celui de la défense, le ministre de l’enseignement supérieur, François Abiola. Depuis quelques années, le ministre mène de fort belle manière les réformes dans l’éducation supérieure. Pour preuve, les universités qui essaiment nos villes. Il fait montre d’une maitrise  des dossiers universitaires tout en restant à l’écoute de ses acteurs. Une excellente qualité d’écoute et de disponibilité qui lui valent aujourd’hui le respect dans le monde estudiantin.

L’autre satisfaction du présent gouvernement est le ministre Arifari Bako. Le professeur a gagné ses galons de diplomate chevronné  dans le gouvernement Yayi. Après la gestion de la liste électorale permanente informatisée  (lépi) ; l’honorable s’est vu confié les affaires étrangères en guise de remerciement de bons et loyaux services. A sa tête, si les premiers jours ont été laborieux, Monsieur Arifari Bako a réussi l’exploit de mettre notre pays en orbite en matière de diplomatie offensive. La récente élection du président béninois à la tête de l’Union Africaine est sans commune mesure. Même si on lui reproche d’avoir sacrifié la présidence de la commission de la Cedeao pour ce faire. Toujours est-il que l’homme multiplie les initiatives et fait jouir d’une aura certaine du Bénin à l’extérieur. Sa nomination est perçue comme une bonne pioche.

Benoît Dègla, le ministre de l’intérieur a hérité d’un portefeuille  compliqué à gérer. Garant de la sécurité territoriale, Benoît  Dègla  s’attèle depuis sa nomination à  sécuriser les personnes et les biens du Bénin. Des arrestations de drogue au port de Cotonou ; au démantèlement des réseaux de malfrats à Cotonou et à l’intérieur du pays ; le ministre gère en bonne intelligence avec les forces de sécurité publique. En outre, depuis sa prise de fonction aucun braquage d’envergure n’a troublé le sommeil des populations.  Des états de service qui pèsent lourds à l’heure des bilans partiels.

Ceux qui sont au creux de la vague

Soumanou Djimba et Eric N’dah, Respectivement ministre de l’enseignement secondaire et de l’enseignement maternel et primaire, les deux ministres sont mis à rude épreuve par la crise dans le secteur éducatif. Les enseignants ne les ont pas épargnés par les deux mois de grève. Même la rescousse du premier ministre n’aura pas suffi pour éteindre le feu allumé depuis le 24 janvier dernier.  Il aura fallu l’implication personnelle du président de la République pour contraindre les enseignants à reprendre bon an mal an le chemin des classes. Toute chose qui aura déteint sur le rendement de ces deux ministres de l’enseignement. Celui qui en sort le plus démuni est Soumanou Djimba de l’enseignement secondaire qui dans sa confrontation avec le directeur des examens et concours, Mahugnon Kakpo a eu le dernier mot.

Idem pour le ministre de la justice, Marie Elise Gbèdo. Le ministre garde des sceaux a géré mal  les repositionnements dans l’appareil judiciaire du pays. La levée de bouclier des magistrats a mis à mal son ministère pendant quelque temps.

Réckya Madougou, La sémillante Ministre chargé de la Micro finance, de l’Emploi des Jeunes et des Femmes, a perdu de son clinquant au cours de cet exercice de l’exécutif béninois. On la connaissait beaucoup plus entreprenante notamment avec l’octroie de crédit au plus pauvre. Même le débat qui a signé son avènement sur la scène politique à savoir la révision de la constitution ne la sort pas de sa coquille.

Pour Sabai Katé, les temps sont orageux. Il est sous la sellette. La campagne cotonnière 2012-2013 ne l’a pas épargné. Son maintien dans le prochain gouvernement de yayi Boni sera à ce prix. Des vagues soulevées par les paysans et autres cotonculteurs, le ministre se doit de relever ce défi.

Oswald S. DOSSEY

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